Dans ce guide
En bref
Les droits de mutation d'un terrain à bâtir dépendent du vendeur et de l'acquéreur. Acheté à un particulier, le terrain supporte en principe les droits de droit commun, de l'ordre de 6 % du prix ; vendu avec TVA, une taxe réduite, de l'ordre de 0,7 %. Une société assujettie à la TVA qui s'engage dans l'acte à construire dans les quatre ans ne paie en principe qu'un droit fixe de 125 € (CGI, article 1594-0 G).
Droits de mutation, taxe de publicité foncière : de quoi parle-t-on
Les « frais de notaire » d'un achat de terrain recouvrent trois choses de nature différente. Les droits de mutation, souvent appelés droits d'enregistrement ou taxe de publicité foncière selon la part concernée, sont un impôt : ils reviennent au département, à la commune et à l'État. La contribution de sécurité immobilière, de l'ordre de 0,1 % du prix, rémunère le service de la publicité foncière. Les émoluments du notaire et les débours, enfin, rémunèrent l'acte et les formalités.
Seul le premier poste varie fortement selon la situation, et c'est lui que ce guide traite. Les deux autres se paient dans tous les cas ; le notaire les chiffre avec le reste. Le guide des frais de notaire dans le neuf traite, lui, l'autre bout de la chaîne : ce que paie l'acquéreur d'un logement vendu en VEFA.
Qui vend le terrain : ce qui fixe le régime
Deux questions se croisent. La vente est-elle soumise à la TVA ? Cela dépend du vendeur. L'acquéreur prend-il un engagement fiscal dans l'acte ? Cela dépend de lui.
Terrain acheté à un particulier
Un particulier qui vend un terrain de son patrimoine privé n'agit pas en assujetti : la vente est hors du champ de la TVA. Elle supporte alors, en principe, les droits de mutation de droit commun, dont le total tourne autour de 5,8 à 6,3 % du prix selon le département. Les taux départementaux ont été modifiés récemment : le notaire donne la valeur en vigueur pour la commune du terrain.
Terrain acheté à un assujetti
Quand le vendeur est un aménageur, un lotisseur, un marchand de biens ou une autre société de promotion, la vente d'un terrain à bâtir est soumise à la TVA, sur le prix total ou sur la marge selon la façon dont il l'a acquis. Le détail figure dans le guide de la TVA sur marge du terrain, et le calculateur de TVA sur marge compare les deux bases. Une vente soumise à la TVA ne supporte en principe qu'une taxe de publicité foncière réduite, de l'ordre de 0,7 %, pour éviter qu'une même mutation subisse les deux impôts au taux plein.
Dans les deux cas, l'engagement de construire
C'est le point que beaucoup de premiers promoteurs ignorent : l'engagement de construire ne dépend pas du vendeur. Il dépend de l'acquéreur, qui doit être assujetti à la TVA, ce qu'est une société de construction-vente. Un terrain acheté à un particulier, hors TVA, peut donc lui aussi bénéficier du droit fixe si la société s'engage à construire.
L'engagement de construire dans les quatre ans
L'article 1594-0 G du code général des impôts exonère de taxe de publicité foncière et de droits d'enregistrement les acquisitions d'immeubles réalisées par un assujetti à la TVA, lorsque l'acte contient l'engagement, pris par l'acquéreur, d'effectuer dans un délai de quatre ans les travaux conduisant à la production d'un immeuble neuf. L'acte supporte alors un droit fixe de 125 €. Le texte vise aussi les travaux nécessaires pour terminer un immeuble inachevé, cas plus rare en promotion.
Concrètement, pour le promoteur :
- l'engagement s'écrit dans l'acte authentique d'acquisition, pas seulement dans la promesse de vente ; la promesse doit toutefois le prévoir, pour que le prix et les frais soient chiffrés sur la bonne base ;
- le délai court à compter de l'acte, et non du permis de construire ou de l'ouverture du chantier ;
- il faut justifier de l'exécution à l'expiration du délai : en pratique, la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, la DAACT, est la pièce attendue ;
- une prolongation peut être demandée au service des impôts, par périodes d'un an, quand le chantier glisse. Elle n'est pas automatique : elle se demande avant l'échéance, avec les raisons du retard.
Prudence
Le régime des engagements a été réécrit à plusieurs reprises, et la numérotation des articles a changé avec lui. Les conditions précises, la forme de la prolongation, les pièces de justification et les cas de transmission de l'engagement se vérifient avec le notaire de l'opération, au jour de l'acte, sur le texte en vigueur et la doctrine administrative publiée au BOFiP. Ce guide donne le mécanisme, pas une consultation.
Le marchand de biens et l'engagement de revendre
Le marchand de biens qui achète pour revendre dispose d'un autre engagement : celui de revendre dans un délai de cinq ans. Il bénéficie alors d'un régime de droits réduits, de l'ordre de 0,7 % du prix, au lieu du droit commun. Ce régime ne concerne pas l'opération de promotion classique, où la société construit avant de vendre : elle prend un engagement de construire, pas de revendre.
Les deux engagements peuvent toutefois se succéder. Une société qui avait acheté pour revendre et décide finalement de construire, ou l'inverse, se demandera si un engagement peut remplacer l'autre et à quelles conditions. Ces substitutions existent dans certains cas ; elles ne se présument pas et se valident avant de modifier le projet.
Les régimes comparés
| Situation | Vente soumise à la TVA ? | Droits de mutation, ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Vendeur particulier, sans engagement de l'acquéreur | Non | Droit commun, environ 5,8 à 6,3 % du prix |
| Vendeur assujetti, sans engagement de l'acquéreur | Oui, sur le prix total ou sur la marge | Taxe réduite, environ 0,7 % |
| Acquéreur assujetti avec engagement de construire en quatre ans | Selon le vendeur | Droit fixe de 125 € |
| Marchand de biens avec engagement de revendre en cinq ans | Selon le vendeur | Régime réduit, environ 0,7 % |
| Engagement de construire non tenu | — | Rappel des droits normalement dus, avec intérêt de retard |
Dans tous les cas s'ajoutent la contribution de sécurité immobilière et les émoluments du notaire. Les taux indiqués sont des ordres de grandeur : la valeur exacte dépend du département et de la date de l'acte.
Un exemple chiffré
Exemple fictif : une société de programme achète à un particulier un terrain à bâtir de 800 000 €, pour une opération de seize logements dont le chiffre d'affaires est estimé à 4 800 000 € HT et la marge visée à 10 %, soit 480 000 €. On retient, pour l'exemple, des droits de droit commun de 5,81 % et une contribution de sécurité immobilière de 0,10 %. Les émoluments du notaire, identiques dans les deux cas, sont laissés de côté.
| Poste | Sans engagement | Avec engagement de construire |
|---|---|---|
| Droits de mutation | 46 480 € | 125 € |
| Contribution de sécurité immobilière | 800 € | 800 € |
| Total des taxes de l'acte | 47 280 € | 925 € |
| Écart | 46 355 € |
L'écart représente près de 10 % de la marge visée. Il entre dans la charge foncière : à prix de vente égal, le terrain que l'opération peut payer au vendeur n'est pas le même selon que l'engagement est pris ou non. Le calculateur de charge foncière fait ce compte à rebours avec le taux de frais d'acquisition que vous choisissez.
Le revers est symétrique. Si le chantier n'est pas achevé dans le délai, prolongations comprises, l'administration réclame les 46 480 € de droits, augmentés de l'intérêt de retard, à une date où la société n'a peut-être plus de trésorerie disponible. L'engagement transforme une économie certaine en risque daté.
Quand l'engagement de construire devient un risque
Quatre ans paraissent longs. Ils le sont moins quand on les décompte depuis l'acte :
- un recours contre le permis repousse le démarrage, et l'acte a parfois été signé avant la purge du permis ;
- une commercialisation lente retarde l'obtention du crédit et de la garantie d'achèvement, donc l'ouverture du chantier ;
- la défaillance d'une entreprise ajoute plusieurs mois en cours de travaux ;
- l'opération est abandonnée et le terrain revendu nu : l'engagement n'est pas tenu.
D'où trois réflexes. Signer l'acte le plus tard possible, permis purgé et pré-commercialisation acquise, ce qui réduit le temps décompté sans chantier. Noter l'échéance de l'engagement dans le planning de l'opération dès le premier jour, avec une alerte un an avant. Et demander la prolongation dès qu'un glissement rend l'échéance incertaine, pas le mois où elle tombe.
Le cas de l'opération phasée mérite une attention particulière : un terrain acheté en une fois pour deux tranches doit voir les deux tranches achevées dans le délai, ou faire l'objet d'une analyse spécifique avec le notaire.
Ce qu'il faut mettre au bilan
Le bilan promoteur se tient hors taxes, et les droits de mutation y sont un coût définitif : contrairement à la TVA, ils ne se récupèrent pas. Trois règles :
- Chiffrer le régime réel, pas un pourcentage forfaitaire de « frais de notaire » appliqué par habitude. Un bilan à 7 % de frais sur un terrain qui paiera 125 € de droits sous-estime la marge ; l'inverse la surestime.
- Tester le scénario d'échec : que devient la marge si l'engagement tombe ? La réponse dit combien de retard l'opération supporte avant de perdre son économie.
- Distinguer la TVA des droits dans le plan de financement : la TVA payée sur un terrain acheté à un assujetti est une avance de trésorerie, récupérée ensuite ; les droits sont une dépense.
Dans une SCCV, la question se pose à chaque opération, puisque chaque société achète son propre terrain. Les règles générales de la TVA du secteur, collectée sur les ventes, déductible sur les achats, sont rappelées dans le guide de la TVA en promotion immobilière.
Les frais d'acquisition dans CAP IMMO
CAP IMMO tient le bilan hors taxes de chaque opération. Le terrain y entre avec ses frais d'acquisition estimés selon le régime choisi, droit commun ou engagement de construire, et la charge foncière admissible se recalcule aussitôt. Le planning de l'opération porte les jalons du chantier, dont l'achèvement, à rapprocher de l'échéance de l'engagement. Le régime fiscal lui-même reste à valider avec le notaire : le logiciel applique celui que vous saisissez. La démonstration s'ouvre dans le navigateur, sans inscription.
Questions fréquentes
Quels droits de mutation sur l'achat d'un terrain à bâtir par un promoteur ?
Cela dépend du vendeur et de l'engagement pris. Acheté à un particulier sans engagement, le terrain supporte les droits de droit commun, de l'ordre de 6 % ; vendu avec TVA, une taxe réduite de l'ordre de 0,7 %. Avec un engagement de construire dans les quatre ans, une société assujettie ne paie en principe qu'un droit fixe de 125 €.
Qu'est-ce que l'engagement de construire ?
C'est une clause de l'acte d'acquisition par laquelle l'acquéreur assujetti à la TVA s'engage à réaliser, dans un délai de quatre ans, les travaux conduisant à un immeuble neuf (CGI, article 1594-0 G). En contrepartie, les droits de mutation sont remplacés par un droit fixe.
Que se passe-t-il si l'engagement de construire n'est pas respecté ?
L'administration réclame les droits qui auraient été dus sans l'engagement, augmentés de l'intérêt de retard. C'est le cas si le chantier n'est pas achevé dans le délai, prolongations comprises, ou si le terrain est revendu sans avoir été construit.
Le délai de quatre ans peut-il être prolongé ?
Oui, une prolongation peut être demandée au service des impôts, par périodes d'un an. Elle n'est pas automatique : elle se demande avant l'échéance, en justifiant le retard. Les conditions se vérifient avec le notaire.
Peut-on prendre un engagement de construire sur un terrain acheté à un particulier ?
Oui. La condition porte sur l'acquéreur, qui doit être assujetti à la TVA, et non sur le vendeur. Une société de programme qui achète un terrain hors TVA à un particulier peut donc bénéficier du droit fixe si elle s'engage à construire.
Sacha ClermontConcepteur de CAP IMMO, logiciel de pilotage d'opérations de promotion immobilière pour les promoteurs indépendants. Les guides sont écrits à partir des textes en vigueur et de ce que le logiciel calcule réellement. Notre méthode · Profil LinkedIn
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Le voir sur une vraie opération
CAP IMMO est le logiciel pour promoteur immobilier qui relie le bilan, les ventes VEFA, les appels de fonds, la trésorerie et le chantier. Sa démonstration s'ouvre dans le navigateur, sans inscription : quatre programmes fictifs, un par phase, avec leurs bilans, leurs ventes et leurs chantiers.